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Charles Nodier (1780-1844): "Infernalia"
Charles Nodier was born in Besançon on 29 April 1780. And although he
spent a great part of his life working in libraries, we would be much mistaken
to think that his life was dull or boring. In his younger days, Charles Nodier
was involved in the activities of a secret society, which ended with the
arrest of several of his friends. He also spent five weeks in prison after
confessing to be the author of "La Napoléone", a satirical poem against
Bonaparte. For a while, Nodier was the editor of a newspaper,
"Le Télégraphe Illyrien", away in Ljubljana. And in 1824, he was
appointed as the librerian of the famous "l'Arsenal" in Paris. In the meantime,
he managed to put out an endless stream of books, articles, novels,
stories. Some of his writings are about vampires. First there is his review
of Polidori's "The Vampyre", which was published in 1819 in "Le Journal
des Débats". There is his introduction to Cyprien Bérard's "Lord Ruthwen
ou les Vampires", 1820. In the same year, Nodier, Caramouche and Jouffroy
collaborated to write a melodrama in three acts called "Le Vampire",
which had its premiere on 13 June 1820 in the Théatre de la Porte
Saint-Martin. At the end of his life - as most people tend to do - Nodier died,
on 27 January 1844 in Paris. His grave can be found in the 49th division of
the Cimetière du Père-Lachaise.
The well-known cases that I will reprint here (and in fact all cases
of vampirism from Nodier's "Infernalia"), can also be found in Dom Calmet's
"Dissertation" [1751].
Arnold-Paul
"Un paysan de Médreïga
(village de Hongrie), nommé Arnold-Paul, fut écrasé par la chute d'un chariot
chargé de foin. Trente jours après sa mort, quatre personnes moururent
subitement, et de la même manière que meurent ceux qui sont molestés
des vampires. On se resouvint alors qu'Arnold-Paul avait souvent raconté
qu'aux environs de Cassova, sur les frontières de la Turquie, il avait été
tourmenté par un vampire turc; mais que sachant que ceux qui étaient
victimes dún vampire, le devenaient après leur mort, il avait trouvé moyen
de se guérir en mangeant de la terre du vampire turc, et en se frottant
de son sang. On présuma que si ce remède avait guéri Arnold-Paul,
il ne l'avait pas empêché de devenir vampire à son tour. En conséquence,
on le déterra pour s'en assurer; et quoiqu'il fût inhumé depuis quarante jours,
on lui trouva le corps vermeil; on s'aperçut que ses cheveux, ses ongles, sa
barbe s'étaient renouvelés, et que ses veines étaient remplies d'un sang fluide.
Le bailli du lieu, en présence de qui se fit l'exhumation, et qui était un homme
expert dans le vampirisme, ordonna d'enfoncer dans le coeur de ce cadavre
un pieu fort aigu et de le percer de part en part; ce qui fut exécuté sur-le-champ.
Le vampire jeta des cris effroyables et fit les mêmes mouvements que s'il eût été
vivant. Après quoi on lui coupa la tête et on le brûla dans un grand bûcher. On
fit subir ensuite le même traitement aux quatre personnes qu'Arnold-Paul avait
tuées, de peur qu'elles ne devinssent vampires à leur tour.
Malgré toutes ces précautions, le vampirisme reparut au bout de quelques
années; et dans l'espace de trois mois, dix-sept personnes, de tout âge et de
tout sexe, périrent misérablement; les unes sans être malades, et les autres
après deux ou trois jours de langueur. Une jeune fille nommée Stanoska,
s'étant couchée un soir en parfaite santé, se réveilla au milieu de la nuit, tout
tremblante, jetant des cris affreux, et disant que le jeune Millo, mort depuis
neuf semaines, avait manqué de l'étrangler pendant son sommeil. Le lendemain
Stanoska se sentit très malade, et mourut au bout de trois jours de maladie.
Les soupçons se tournèrent sur le jeune homme mort, que l'on pensa devoir
être vampire; il fut déterré, reconnu pour tel, et exécuté en conséquence. Les
médecins et les chirurgiens du lieu examinèrent comment le vampirisme avait
pu renaître au bout d'un temps si considérable, et après avoir bien cherché,
on découvrit qu'Arnold-Paul, le premier vampire, avait tourmenté, non seulement
les personnes qui étaient mortes peu de temps après lui, mais encore plusieurs
bestiaux don't les gens morts avaient mangé, et entre autres le jeune Millo.
On recommença les exécutions, on leur coupa la tête, on les brûla, et on jeta
leurs cendres dans la rivière. Ces mesure éteignirent le vampirisme
dans Médreïga."
Vampires de Hongrie
"Un soldat hongrois étant logé chez
un paysan de la frontière, et mangeant un jour avec lui, vit entrer un inconnu
qui se mit à table à côté d'eux. Le paysan et sa famille parurent fort
effrayés de cette visite, et le soldat, ignorant ce que cela voulait dire, ne
savait que juger de léffroy de ces bonnes gens. Mais le lendemain, le maître
de la maison ayant été trouvé mort dans son lit, le soldat apprit que c'était
le père de son hôte, mort et enterré depuis dix ans, qui était venu
s'asseoir à table à côté de son fils, et qui avait ainsi annoncé et
causé la mort.
Le militaire informa son régiment de cette aventure. Les officiers-généraux
envoyèrent un capitaine, un chirurgienm un auditeur et quelques officiers
pour vérifier le fait. Les gens de la maison et les habitants du village
déposèrent tous que le père du paysan était revenu causer la mort de son
fils; et que tout ce que le soldat avait vu et raconté était exactement vrai.
En conséquence, on fit déterrer le corps du spectre. On le trouva dans
lé'tat d'un homme qui vient d'expirer, et ayant le sang encore chaud; on
lui fit couper la tête et on le remit dans son tombeau. Après cette première
expédition, on informa les officiers quún autre homme, mort depuis plus
de trente ansm avait l'habitude de revenir, qu'il s'était déjà montré trois
fois dans la maison à l'heure des repas. Que la première fois il avait sucé
au cou son propre frère, et lui avait tiré beaucoup de sang; qu'à la seconde
fois il en avait fait autant à un de ses fils; qu'un valet avait été traité de
même à la troisième fois; et que ses trois personnes en étaient mortes.
Ce revenant dénaturé fut déterré à son tour; on le trouva aussi plein de
sang que le premier vampire. On lui enfonça un grand clou dans la tête
en on le recouvrit de terre.
La commission croyait en être quitte, lorsque de tous côtés il s'éleva
des plaintes contre un troisième vampire, qui, mort depuis seize ans, avait
tué et dévoré deux de ses fils; ce troisième vampire fut brûlé comme
le plus coupable; après ces exécutions, les officiers laissèrent le village
entièrement rassuré contre les revenants qui buvaient le sang de leurs
enfants et de leurs amis."
Comments and page © 2007 by Rob Brautigam - NL -
Last changes 03 October 2007
"Charles Nodier" - illustration based on an old print from my collection
Photo "Kensal Green Cemetery - London" © 1979 by Rob Brautigam